04.06.2008

Une tribu d'Indiens isolés découverte en Amazonie

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Repérée et photographiée depuis un avion, pour le compte d'un organisme brésilien de défense des droits des peuples indiens, cette tribu, qui vit près de la frontière péruvienne était jusque-là inconnue. Ces femmes et ces hommes n'ont probablement aucun contact avant notre civilisation. Mais leurs territoires excitent bien des convoitises.

Entre le 28 avril et le 2 mai, à plusieurs reprises, le petit avion Cessna Skylane a survolé une tribu apparemment complètement isolée au sein de la forêt amazonienne, dans l'Etat de Acre, au Brésil, près de la frontière avec le Pérou. D'après les observations de l'équipage, la tribu doit compter environ 250 personnes. Le contact s'est résumé à ces survols, qui ont duré une vingtaine d'heures au total et suscité les craintes et la colère des indigènes, si l'on en juge par les photographies, montrant les guerriers visant l'avion avec leurs arcs.


Survolés par l'avion (pendant vingt heures...), les guerriers se défendent. © FUNAI

La visite n'avait pourtant rien d'agressif. Après la découverte fortuite de la tribu, l'étude en vol a été organisée par la FUNAI (Fundação Nacional do Índio, Fondation nationale de l'Indien), un organisme brésilien qui cherche à mieux connaître les Indiens et à en garantir les droits. Selon la fondation, cette tribu, qui n'avait jamais été repérée auparavant, n'entretient probablement aucun contact avec notre civilisation depuis très longtemps. La même région abriterait quatre autres tribus isolées. Dans l'ensemble de l'Amazonie, le gouvernement brésilien estime à 68 le nombre de tribus ainsi coupées du monde. Dans le monde, selon l'association Survival, il en existerait une centaine.

Des réserves pour les Indiens ou du riz ?

La découverte de cette petite population n'est donc pas une surprise. Mais José Carlos Meirelles Júnior, responsable de l'un des Fronts de protection ethno-environnemental, qui dépendent de la FUNAI, explique qu'il faut médiatiser ces images « car certains ne croient pas à l'existence de ces tribus ». Ce refus s'explique souvent par des intérêts commerciaux. Des chercheurs d'or aux vendeurs de bois tropicaux, de nombreux prospecteurs cherchent à exploiter ces territoires encore inexplorés.


Aucun autre contact ne sera recherché avec cette tribu, car il est en général fatal. © FUNAI

Les litiges, d'ailleurs, ne manquent pas. Face aux réserves d'Indiens imposées par l'Etat brésilien, les agriculteurs entrent parfois en rébellion. Le cas le plus emblématique est celui de la réserve de Raposa Serra do Sol (Etat de Roraima, au nord du Brésil), d'une surface de 1,7 million d'hectares, où vivent 20.000 Indiens. Ses frontières, définies par un décret présidentiel de 2005, sont toujours contestées par les cultivateurs de riz qui y possèdent des plantations et qui n'hésitent pas à se servir de leurs armes. La situation a récemment empiré et s'est transformée en conflit ouvert depuis le mois d'avril. Une association catholique locale a même lancé un appel à solidarité.

Aucune expédition n'est prévue pour rendre visite à la tribu qui vient d'être découverte. La FUNAI a depuis longtemps renoncé à établir des contacts, qui se terminent en général très mal pour les populations indigènes, notamment parce qu'elles risquent de succomber à des maladies inconnues pour elles.

 

La forêt amazonienne compterait 68 tribus vivant sans contact avec notre civilisation. © FUNAI
La forêt amazonienne compterait 68 tribus vivant sans contact avec notre civilisation. © FUNAI

17.05.2008

Les ondes créées par le séisme chinois ont fait deux fois le tour du glob

TOKYO (AFP) - Les ondes sismiques créées par le tremblement de terre en Chine lundi ont fait deux fois le tour de la Terre, attestant de la puissance du séisme, a annoncé vendredi un institut japonais.


L'observatoire sismologique Matsushiro (nord de Tokyo) a détecté des ondes dites "de surface" engendrées par la secousse sismique à 15H41 heure japonaise (06H41 GMT), soit 13 minutes après que le tremblement de terre de 7,9 degrés a dévasté la province chinoise du Sichuan (sud-ouest).

Les sismographes de l'institut, placés dans un tunnel sous la terre, ont ensuite mesuré les mêmes ondes à deux reprises, une première fois 90 minutes après leur détection et une seconde fois à nouveau 90 minutes plus tard, selon l'observatoire.

Selon les chercheurs de l'institut, ces ondes sismiques ont fait le tour du monde en se déplaçant vers l'Est, partant de l'épicentre du tremblement de terre en Chine vers le Japon, puis traversant l'Océan Pacifique jusqu'aux Amériques, franchissant l'Océan Atlantique, l'Afrique et revenant jusqu'en Asie.

Elles ont fait deux fois le tour de la Terre, attestant de la puissance de la secousse initiale. Seuls les séismes de magnitude de plus de 8,0 engendrent d'habitude des ondes sismiques capables de faire plus d'une fois le tour de la planète.

Les ondes sismiques "de surface" se propagent juste en dessous de la surface de la terre.

07.03.2008

Les atmosphères de Mars et Vénus étonnamment similaires (Esa)

PARIS (AFP) - Les planètes Mars et Vénus sont "étonnamment similaires", selon plusieurs études analysant les données transmises par des instruments à bord des sondes Mars Express et Venus Express, a annoncé mercredi dans un communiqué l'Agence spatiale européenne (Esa).


Selon ces 19 études, à paraître dans un numéro spécial de la revue Planetary and Space Science et dont certaines sont déjà en ligne, malgré leurs différences en taille et dans leur distance par rapport au Soleil, les deux planètes ont toutes deux des faisceaux de particules électriquement chargées s'échappant de leurs atmosphères.

Ces particules, note encore l'Esa, sont accélérées par leur interaction avec le vent solaire, des électrons libres, ions et protons libérés par le Soleil.

Sur Terre, le vent solaire n'interagit pas directement avec l'atmosphère, étant détourné par le magnétisme de la planète. Mais ni Mars, ni Vénus, n'ont de champ magnétique important, et leur atmosphère subit donc de plein fouet l'influence du vent solaire.

Les chercheurs, selon l'Esa, ont été surpris de constater que sur ces deux astres, cette interaction "crée un champ magnétique faible, drapé autour de chaque planète et se développant du côté +nuit+ en une longue queue".

Malgré les différences de densité des deux atmosphères - épaisse sur Vénus, ténue sur Mars -, les instruments des sondes ont "découvert que la structure de leurs champs magnétiques était semblable". "Cela vient du fait que la densité de l'ionosphère à 250 km d'altitude est étonnamment similaire dans les deux cas", écrit un des astronomes, Tielong Zhang, de l'Académie de Wissenschaften en Autriche.

Les mesures ont été réalisées par les deux appareils "Aspera" (Analyser of Space Plasmas and Energetic Atoms) des sondes dans les régions magnétiques situées derrière les planètes, d'où s'échappent de plus grandes quantités de particules chargées électriquement.

L'observation parallèle des pertes des deux atmosphères permettra peut-être de déterminer leur composition dans le passé et de "mesurer l'évolution des climats des planètes", selon un des chercheurs responsables d'Aspera, David Brain, de l'Université de Californie à Berkeley.

26.02.2008

Quand le corps humain se transforme en vecteur de données



Par Miwa SUZUKI AFP - Lundi 25 février

TOKYO (AFP) - Un groupe japonais s'apprête à lancer un système qui, en utilisant la conductivité naturelle du corps humain comme mode de transport de données, permettra d'ouvrir des portes ou de franchir des contrôles d'accès sans utiliser de clé ou de carte d'identification.
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NTT Microsystem, filiale du géant des télécoms NTT, a conçu des badges d'accès spéciaux qui, glissés dans une poche ou un sac à main, transmettent leur identifiant à des capteurs placés sur les poignées de porte ou sur le sol. Ces derniers sont eux-même reliés à un dispositif de contrôle.

Plus besoin de fouiller partout à la recherche de sa clé ou de sa carte d'accès: un signal d'identification part du badge, transite par le buste, les bras et mains, ou les jambes et pieds de la personne, pour atteindre la poignée de porte ou le plancher. Si l'individu est reconnu, il a la voie libre.

"Dans la vie quotidienne, nous touchons beaucoup de choses. Ne serait-ce qu'en étant debout, puisqu'on est au contact du sol", explique un chercheur de NTT Microsystem, Mitsuru Shinagawa.

"Cette simple action peut permettre de communiquer", ajoute-t-il

NTT Electronics, une autre filiale de NTT, prévoit de commercialiser un système de contrôle d'accès pour entreprises exploitant cette technologie, grâce à des capteurs aux sols.

"Il existe un marché important pour la circulation sans entraves des personnes dans les lieux de travail", raconte un responsable de la firme, Toshiaki Asahi.

"Grâce à ce système, des personnes peuvent franchir les portes en marchant sur des capteurs, les mains chargées d'objets", cite-t-il en exemple, signalant par ailleurs que dans certaines usines il est dangereux de se balader avec un badge pendu au cou, une pratique pourtant archi-courante.

L'objectif de NTT est d'aller au-delà de la communication d'homme à machine, et d'utiliser cette même technologie pour la relation interpersonnelle.

"Du fait du développement des technologies de télécommunications, les contacts humains se sont appauvris. Nous avons conçu cette technologie avec l'espoir de créer un nouveau mode de communication par le toucher", affirme M. Shinagawa.

Un médecin pourrait ainsi mesurer la température et le pouls d'un patient simplement en le touchant avec ses mains. Les informations transiteraient par le corps du docteur pour être reçues par des instruments de mesure. Une telle pratique serait, selon le chercheur, moins anxiogène pour les malades.

Une autre filiale de NTT, l'opérateur de télécommunications mobiles NTT DoCoMo, ainsi que son concurrent KDDI, travaillent également depuis des années sur cette technologie qui peut servir à de nombreuses applications.

NTT DoCoMo devrait prochainement proposer un téléphone mobile muni d'un émetteur spécial pour envoyer un signal via le corps humain.

Deux personnes équipées d'un tel appareil pourront échanger leurs coordonnées et d'autres informations contenues dans leurs terminaux simplement en se serrant la main.

"Si nous parvenons à augmenter les débits, il sera aussi possible d'écouter de la musique en ayant un casque sur les oreilles et le téléphone/baladeur dans la poche, sans aucun fil entre les deux, ou bien de regarder des vidéos avec des lunettes/écran, juste en utilisant le corps comme mode de transmission", assure un chercheur de NTT DoCoMo, Yuji Nakayama.

De même, il suffira de poser sa main sur une caisse enregistreuse dans un commerce pour payer, sans authentification biométrique, simplement en ayant son mobile/carte de crédit sur soi.

Un aveugle pourra être guidé vocalement par son terminal cellulaire recevant des informations depuis le sol, via sa canne et sa main, sans utiliser la localisation par satellite GPS.

De nombreuses autres idées ont déjà germé dans les laboratoires japonais. Certains se penchant aussi sur les éventuels effets de cette technologie sur le corps humain, mais ils n'ont à ce jour pas identifié de risques.

26.01.2008

L'histoire de la Mer de Glace racontée par les peintres

L'histoire de la Mer de Glace racontée par les peintres
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences

En étudiant de multiples documents anciens, dont des peintures et des photographies, des chercheurs suisses ont reconstitué les extensions et les régressions de la mer de Glace sur quatre siècles. La méthode fournit des renseignements précieux sur l'influence du climat mais elle n'est pas si simple qu'elle en a l'air.

Les fluctuations de la Mer de Glace sont depuis longtemps enregistrées par les hommes. Partant de cette idée, des géographes de l’Université de Berne se sont faits historiens. L'équipe a recueilli plus de 150 documents anciens où le glacier de la vallée de Chamonix est en vedette. Les géographes suisses ont ainsi soigneusement étudié des peintures, des dessins, des photographies, des cartes et même des récits racontant l'histoire de la vallée. Grâce à tous ces documents, l'équipe a reconstitué l'évolution, en yoyo, du front du glacier entre 1570 et 2003.

La méthode réclame tout de même de nombreuses précautions. Pour être utilisable, un document doit être rigoureusement daté. Dans le cas d'une peinture, il faut connaître le moment où l'artiste l'a créée devant son modèle, un événement qui peut avoir précédé de plusieurs années l'ultime retouche et la sortie de l'atelier. Il faut ensuite pouvoir repérer des détails topologiques permettant de situer précisément l'endroit décrit ou peint. Une vérification doit être faite sur le terrain pour s'assurer que l'œuvre n'est pas fantaisiste. Enfin, cette recherche historique n'est possible que sur des sites qui ont longtemps fasciné les hommes... 6241a4035c70c9cc4da799f76adb0d3b.jpg
L'extension de la Mer de Glace à trois époques. En 1644 (courbe verte), elle était à son maximum. Entre 1821 (en rouge) et 1895 (en orange), le glacier a reculé de 1,2 kilomètre. © Samuel Nussbaumer/FNS

Marées montantes et descendantes

A l'évidence, la Mer de Glace remplit cette dernière condition. L'équipe suisse a déniché de nombreuses contributions, dont des tableaux de deux peintres célèbres, John Ruskin et William Turner. Eugène Viollet-le-Duc fait lui aussi partie des témoins, de manière plus directe, grâce aux cartes qu'il a dressées.

Cette étude minutieuse met en évidence une série de retraits et d'avancées. Sur la période étudiée, l'extension la plus importante de la Mer de Glace est atteinte en 1644. Les autres épisodes d'avancées maximales sont datés de 1600, 1720, 1778, 1821 et 1852. Depuis, le glacier ne cesse de reculer.

Les chercheurs ont pu comparer ces fluctuations avec celles du glacier de Grindelwald, en Suisse. Il semble bien que l'un et l'autre ont réagi de la même manière à ce que l'on appelle le Petit âge glaciaire, survenu en Europe entre le seizième et le dix-neuvième siècle. Ce synchronisme ne va pas de soi car les deux glaciers sont situés dans des régions distinctes, différant à la fois par le climat et la topographie. Motivés par leur réussite, les géographes veulent maintenant s'attaquer à d'autres glaciers des Alpes et de Scandinavie.

14.01.2008

Des centaines de trous noirs pourraient sillonner la Voie Lactée

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WASHINGTON (AFP) - Des centaines de trous noirs d'une masse de plusieurs milliers de fois celle du soleil pourraient sillonner la Voie Lactée, notre galaxie, à grande vitesse, selon une étude présentée mercredi aux Etats-Unis.


Se basant sur des observations avec des télescopes aux rayons-X et des preuves théoriques, des astronomes ont simulé des fusions entre des trous noirs stellaires, a expliqué l'un de ces scientifiques, Kelly Holley-Bockelmann, de l'université Vanderbilt à Nashville (Tennessee, sud).

Les trous noirs de la taille d'une étoile sont très nombreux dans les amas globulaires, un groupe stellaire très dense, contenant typiquement une centaine de milliers d'étoiles.

Utilisant des modèles ordinateurs très sophistiqués intégrant la théorie de la relativité d'Einstein, ces astronomes ont calculé que ces fusions entre les trous noirs pourraient engendrer des centaines de trous noirs de masse intermédiaire.

L'énergie dégagée les catapulterait en dehors des amas globulaires à des vitesses allant jusqu'à 4.000 kilomètres à la seconde, nettement plus que ce qui avait été prédit jusqu'alors.

Ces trous noirs dont la masse est plusieurs fois la masse de celle du soleil, sillonneraient à grande vitesse notre galaxie dans l'espace interstellaire sans attache à un système stellaire.

Ces trous noirs --sorte de siphon cosmique d'une masse gravitationnelle telle que même la lumière ne peut s'en échapper-- attendent d'avaler des nébuleuses, étoiles et planètes qui auraient la mauvaise fortune de croiser leur chemin.

Toutefois un passage de ces trous noirs dans le voisinage cosmique ne présente pas de danger majeur, selon Kelly Holley-Bockelmann.

Cette étude a été présentée à la conférence annuelle de la société astronomique américaine (AAS) qui se tient cette semaine à Austin (Texas, sud).

25.12.2007

Commerce équitable, découvrez le café de Bolivie

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Max Havelaar vous propose de partir à la rencontre de quelques-uns des 8000 producteurs de café qui bénéficient du commerce équitable dans les Yungas, en Bolivie. Les yungas sont un ensemble de régions d'Amérique du Sud située sur le rebord oriental de la Cordillère des Andes entre l'Equateur et l'Argentine, situées entre 600 et 2500 mètres d'altitude, bien arrosées souvent baignées de brouillard et couvertes à l'origine par une forêt humide très dense et d'une biodiversité souvent surprenante...

On peut voir la Bolivie comme une pente vertigineuse. En haut, l’Altiplano pointe vers les 4000 mètres. On y a le souffle court. Au Nord-est commence à s’étaler au niveau de la mer la forêt amazonienne. On y étouffe.

Les Yungas : Vue des sommets des Andes, sur la route La Paz-Coroico, en Bolivie, dite l'une des plus dangereuse du monde, notamment en raison des ravins qui la bordent.

Les Yungas sont une région tropicale où les Andes plongent dans l’Amazonie. Tout y pousse. Depuis quelques décennies, des milliers de paysans des hauts plateaux arides sont venus s’y établir. Pourtant, dans cette zone enclavée, il est bien difficile pour eux de vendre leur production. Trop souvent encore, ils luttent pour survivre. Pendant une quarantaine d’années, des milliers d’entre eux ont descendu les pentes pour venir défricher ces terres aussi généreuses qu’enclavées. Campesino, dans les Andes, c’est un statut socio-professionnel, le paysan, mais aussi une ethnie, ici le plus souvent aymara. Pour les citadins, ces gens-là sont des indigènes à l’espagnol approximatif, à la religiosité douteuse et à l’éducation grossière.

Installé sur son coin de montagne, chaque colon cultive donc ce qu’il peut arriver à vendre. Mais là est tout le problème. Il fait des agrumes, mais c’est peu rémunérateur. Il fait de la coca, mais c’est à peu près illégal et ça détruit les sols. Il fait de l’achiote, un colorant alimentaire naturel, mais les débouchés sont rares. Il fait du café, mais les cours sont tellement fluctuants.

En une douzaine d’années, le commerce équitable combiné avec le projet d’appui au développement Forcafe ont initié en Bolivie une véritable dynamique qui a révolutionné la vie de près de 8 000 familles. Pour elles, ceci a eu trois effets essentiels :



* passer du stade de la survie à l’investissement dans l’avenir : avec un revenu meilleur et plus stable, les producteurs ne se demandent plus comment ils mangeront demain. Ils imaginent comment ils vont investir pour l’avenir ;
* retrouver la fierté du travail et l’attachement au produit : le café gagne en qualité et en prix. Revalorisé, le travail devient valorisant. Les jeunes ne sont plus tentés par l’émigration et reprennent les exploitations de leurs parents ;
* être capables de s’unir en des organisations fortes, démocratiques et transparentes : les producteurs ne vendent plus à un intermédiaire qui fixe ses prix. Ils s’organisent en des coopératives bien gérées. Ainsi, ils peuvent investir collectivement pour avoir de meilleurs bénéfices ou pour équiper leur village.

Trois aspects qui créent les conditions d’un véritable développement durable.

Entre les deux déboulent à flanc de falaise de minces chemins vicinaux à pic fréquentés jour et nuit par des cohortes de camions mal équilibrés et d’autocars surpeuplés. Dans les dernières décennies, c’est par là que la route des Yungas a ouvert la voie à la colonisation d’espaces d’altitude semi tropicaux. Des étendues de terres à la verticale, difficiles d’accès, mais ô combien plus fertiles que la caillasse de l’altiplano où depuis des siècles, des paysans survivent en cherchant à faire pousser des patates et du quinoa.

Source Futura-sciences

Ecrans LCD : bientôt une pénurie d'indium

Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences

Le prix de cet élément rare grimpe en flèche pour cause d'épuisement des gisements. Il est pourtant indispensable à l'électronique actuelle, en particulier pour la fabrication des écrans plats LCD. Mais une équipe allemande vient de trouver le moyen de le remplacer par du graphène tandis qu'apparaissent des méthodes de recyclage. Ouf.

On ne trouve l'indium qu'en minuscules quantités dans les mines de zinc. Pourtant, sa consommation ne fait qu'augmenter et les géologues estiment qu'à ce rythme les gisements mondiaux seront épuisés dans quelques années, une dizaine tout au plus. Ce métal malléable, ressemblant chimiquement à l'aluminium et au gallium, n'a pourtant été découvert qu'au dix-neuvième siècle et ne s'est trouvé des applications à grande échelle que récemment. Allié à l'acier, il réduit les frottements et l'aéronautique l'utilise parfois. Mais c'est l'électronique qui en fait le plus grand usage, dans les cellules photovoltaïques et dans les écrans plats à cristaux liquides (LCD). Transparent en couche mince, l'indium adhère fortement au verre. Dopé à l'étain (indium tin oxyde, ITO), il représente le matériau idéal pour réaliser les fines électrodes recouvrant un écran LCD.

Banalisés pour les téléviseurs, les ordinateurs, les récepteurs GPS ou les appareils photo, ces écrans ont vu leur production augmenter exponentiellement ces dernières années. Un petit écran plat de quinze pouces en contient un gramme et les plus grandes usines de fabrication en consomment plusieurs tonnes par mois. Il n'aura fallu que quelques décennies pour venir à bout des stocks planétaires. Logiquement, le cours de l'indium grimpe. De 70 dollars le kilo en 2001, il est passé par un pic à 1.000 dollars en 2005 et se négocie aujourd'hui entre 400 et 600 dollars.

Le recyclage devient de plus en plus intéressant, en particulier depuis les dalles LCD. Mais les méthodes habituelles, consistant à baigner l'écran dans de l'acide, sont très polluantes. Au Japon (pays pionnier pour le recyclage de l'indium), Sharp a récemment annoncé avoir mis au point une nouvelle méthode, en collaboration avec le Tokyo Institute of Technology.

Une équipe allemande de l'Institute for Polymer Research (Institut Max Planck) explore une voie différente : le remplacement de l'indium par un autre matériau, en l'occurrence du graphène, cet étonnant cristal bidimensionnel de carbone pur dont l'épaisseur est celle d'un seul atome. On l'obtient à partir du graphite (le matériau des mines de crayons), sous forme de feuilles très minces. Ses propriétés électroniques sont remarquables. Les électrons s'y déplacent librement et rapidement (un trois-centième de la vitesse de la lumière). C'est un excellent conducteur mais la résistance est bien plus élevée que celle d'un métal, de l'ordre de celle d'un semi-conducteur.

Une efficacité démontrée

Cependant, la réalisation et la manipulation des feuilles ne sont pas simples. Leur stabilisation n'a été obtenue qu'en 2004. « Des conducteurs transparents ont déjà été expérimentés, composés de graphène incorporés dans du polystyrène ou de la silice, explique Linjie Zhi, co-auteur de l'étude, au magazine Nanowerk. Mais la conductivité reste insuffisante pour en faire des électrodes. »

Les chercheurs allemands sont parvenus à réaliser des structures directement à partir d'oxyde de graphite. La réduction (au sens chimique du terme) est assurée par une élévation de température, qui évacue l'oxygène. « Les feuilles obtenues sont épaisses de 10 nanomètres, explique Linjie Zhi, montrent une grande conductivité et une transparence est de 70 % dans la bande 1.000 à 3.000 nanomètres. » Elle est de 80 % dans le visible et de 100 % dans l'infrarouge proche.

Pour démontrer les possibilités de ce matériau, l'équipe a réalisé une cellule photovoltaïque avec une anode en graphène et une cathode en or. Son efficacité est moindre que celle des classiques cellules à semi-conducteurs mais sa réalisation étant assez simple, l'équipe voit dans le graphène un bon candidat pour remplacer l'indium dans les cellules photovoltaïque mais aussi dans les écrans LCD

De quoi seront constitués les écrans dans dix ans, de graphène, d'indium recyclé ou d'un autre candidat encore à trouver ? Il est trop tôt pour le savoir mais il semble bien que l'électronique survivra à l'épuisement de gisements d'indium...

Source futura-sciences

Pourquoi patinait-on sur la glace il y a cinq mille ans ?

Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences

Les premiers patins à glace, en os, ne servaient pas à s'amuser mais à se déplacer. Des chercheurs entendent le démontrer avec une étude détaillée, qui a mesuré les efforts physiques sur une patinoire et pris en compte la disposition fractale des lacs finlandais...

Le patin à glace est manifestement ancien. D'après les archéologues, il serait même l'un des plus vieux moyens de transport, après les pieds. Les premiers patins en os connus datent de cinq mille ans, comme les premiers skis, et ont été retrouvés en Europe centrale et du nord. Deux chercheurs, Federico Formenti (Manchester Metropolitan University) et Alberto Minetti (Institut de physiologie humaine, Faculté de médecine de l'Université de Milan), situent l'origine du patinage en Finlande, le pays où la densité de petits lacs est la plus importante au monde si on prend comme unité leur nombre par cent kilomètres carrés.

Selon eux, sur un tel territoire et avec la température basse qui y règne, le patin serait le moyen de locomotion réclamant le moins d'énergie. Pour le démontrer, ils ont lancé cinq volontaires sur la glace d'une patinoire avec des os en guise de patins et ont déterminé le coût métabolique et les vitesses atteintes. Leurs résultats, publiés dans le Biological Journal of the Linnean Society, sont précis : pour se déplacer à 1,2 mètre par seconde, leurs patineurs ne dépensent que 4,6 joules par kilogramme corporel et par mètre parcouru.

Cette valeur représente-t-elle une bonne performance ? Oui, répondent les chercheurs, qui affirment même, sur la foi de simulations numériques, qu'elle est optimale, au moins en Finlande. Sur ordinateur, les scientifiques ont quantifié la réduction de l'effort obtenu en grimpant sur des patins et ont réalisé des simulations pour plusieurs régions, différant par la densité, le nombre et les tailles des surfaces gelées. D'après leur modèle, c'est en Finlande, où la répartition des lacs obéit à une loi fractale, que l'on a le plus intérêt à grimper sur des patins. Lors de la saison froide, le gain obtenu atteindrait 10 % des dépenses énergétiques nécessaires à la survie.

Economie maximale

Sans méthode pour calculer leur dépenses métaboliques ni réaliser des simulations numériques, les chasseurs de la fin du néolithique étaient parvenus à la même conclusion. Il semble vraisemblable aux chercheurs que c'est dans cette région qu'est née la pratique de la glisse puisqu'elle y est plus profitable que partout ailleurs.

Source Futura-sciences

20.12.2007

Première image de l'"attaque" par un trou noir d'une galaxie voisine

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AFP - Mardi 18 décembre, 08h59

WASHINGTON (AFP) - Des astronomes ont saisi pour la première fois le spectacle d'un jet de particules se dégageant d'un trou noir géant et frappant une galaxie voisine sur sa trajectoire, un phénomène susceptible d'endommager gravement l'atmosphère des planètes de la galaxie touchée.

"Nous avons déjà observé des jets produits par les trous noirs, mais c'est la première fois que nous en voyons un frapper une autre galaxie de cette manière", souligne dans un communiqué de la Nasa Dan Evans, chercheur au Centre d'astrophysique Harvard-Smithsonian à Cambridge, qui a dirigé l'étude.

"Ce jet pourrait causer toutes sortes de problèmes à la plus petite galaxie qu'il heurte", juge-t-il.

Ces jets émanant des trous noirs produisent des niveaux élevés de radiation, qui, combinés à la vitesse des particules du jet -- proche de la vitesse de la lumière -- sont susceptibles d'endommager sévèrement l'atmosphère des planètes se trouvant sur le chemin du jet, par exemple en détruisant des couches d'ozone protectrices, explique la Nasa.

Le phénomène a été observé dans le système 3C321, qui contient deux galaxies en orbite autour de l'autre.

L'impact du jet de particules sur la galaxie voisine risque d'être d'autant plus substantiel que les deux galaxies en question sont très proches, éloignées de 20.000 années lumière seulement, soit la même distance qui sépare la Terre de la Voie Lactée, note la Nasa.

Nasa

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