28.05.2008
ça s'est passé un 28 mai
Fin sanglante de la Commune
Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s'en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris».
Mais dès la signature du traité de paix avec l'Allemagne, le 10 mai, Adolphe Thiers obtient de l'occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte.
L'assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne.
Les Versaillais ont en face d'eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés.
Ils doivent conquérir les barricades l'une après l'autre. Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises).
Il s'ajoute à ce bilan les victimes de la répression car, à l'arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place.
Les Communards se vengent en faisant fusiller environ 480 otages, dont l'archevêque Darboy. Ils n'hésitent pas non plus à mettre le feu à Paris. Ils incendient les monuments les plus illustres tels que le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l'Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d'Orsay...
Le bilan total de la Semaine sanglante est d'environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C'est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution.
À cela s'ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu'en 1877 un total d'environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L'amnistie (pardon et oubli) ne viendra que dix ans plus tard, en 1881.
source Herodote
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Les Très Riches Heures du duc de Berry
Nous avons le plaisir de vous présenter une animation multimédia autour des célèbres miniatures des Très Riches Heures du duc de Berry.
L'animation a été réalisée par Philippe Prieur, étudiant en mastère d'Histoire (Amiens).
Ce livre de prières a été conçu par l'atelier des frères de Limbourg, Paul, Jean et Herman, sur une commande de Jean de Berry (1340-1416), l'un des frères du roi Charles V le Sage. Sa réalisation s'est étendue de 1410 à... 1485. Les frères de Limbourg étant morts la même année que leur mécène, le duc de Berry, en 1416, le travail fut poursuivi par d'autres enlumineurs, comme Barthélémy d'Eyck, originaire des Flandres, et Jean Colombe, établi en Savoie. Achevées quand émerge l'imprimerie, les Très Riches Heures du duc de Berry sont le chant du cygne de l'enluminure, du moins en Occident (les artistes iraniens prolongeront cet art jusqu'au XVIIe siècle). Elles sont conservées au musée Condé, à Chantilly.
Le manuscrit des Très Riches Heures comporte 206 feuillets de 29x21 cm, dans une reliure du XVIIIe siècle. Il présente 65 petites miniatures et 66 miniatures en pleine page, dont les douze ci-dessous, en tête de l'ouvrage, qui illustrent les mois de l'année et les constellations. Les couleurs viennent de pigments d'origine végétale ou minérale, en particulier le minium, oxyde de plomb de couleur rouge d'où dérive le mot miniature ! Leur éclat est rehaussé par l'application d'or peint, or bruni ou argent.
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24.05.2008
Journée à Giverny
Mon rêve se réalise aujourd'hui!!
je vais passer la journée dans l'univers de mon peintre préféré : Monet
Merci Marie et Etien qui me font le plaisir de m'y enmener
Je vous raconte tout demain
![]() | C'est en 1893 que Claude Monet achète ce terrain séparé du clos normand par la petite ligne de chemin de fer et par le chemin du Roy. |
| C'est après de nombreuses et difficiles démarches administratives qu'il creuse ses étangs. Il construit en 1895 son fameux pont japonais aux élégantes superstructures, entièrement reconstitué aujourd'hui. | |
| Dans la revue Jardinage, en 1924, Georges Truffaut décrit ce jardin d'eau alors dans toute sa splendeur : "L'étang alimenté par l'Epte est encadré de saules de Babylone aux rameaux dorés. Les fonds et les bords sont garnis d'une masse de plantes de terre de bruyère, fougères, kalmias, rhododendrons, azalées, houx. Les bords des eaux sont ombragés d'un côté par des rosiers à forte végétation et l'étang lui-même est planté de toutes les variétés connues de nénuphars. Sur les berges, des iris sibirica, de Virginie, du Japon, kaempferi accentués par des pivoines en arbre, du Japon, herbacées, des groupes de cytises, d'arbres de Judée... Une importante plantation de bambous forme un bois dense. Sur les bords encore, des pétasites à feuillage énorme, sur les pelouses des thalictrums à feuilles découpées, certaines fougères à fleurs légères et cotorieuses, roses ou blanches, des glycines... On y trouve encore des tamaris et l'ensemble est parsemé de rosiers sur haute tige et de rosiers buissonnants". |
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22.05.2008
Un inédit du poète Arthur Rimbaud retrouvé
PARIS (AFP) - Un texte inédit du poète Arthur Rimbaud (1854-1891), écrit sous pseudonyme à l'âge de 16 ans, vient d'être découvert 138 ans après sa publication dans un ancien journal de Charleville-Mézières, apprend-on jeudi auprès de l'un des protagonistes de cette découverte.
Le texte en prose, intitulé "Le rêve de Bismarck", d'une cinquantaine de lignes, avait été publié sous la signature de Jean Baudry dans le numéro du 25 novembre 1870 du journal Le Progrès des Ardennes, lui-même retrouvé dans des conditions rocambolesques, raconte à l'AFP le bouquiniste François Quinart, confirmant des informations parues jeudi dans le Figaro.
Jean Baudry est un pseudonyme de Rimbaud, connu des spécialistes, avec lequel le poète envoyait des textes au journal et notamment ce "Rêve", un texte à parfum patriotique anti-Bismarck.
M. Quinart, patron d'Arches-Libris dans la ville natale de Rimbaud, "avait acheté il y a deux ans un lot de vieux livres et de vieux journaux ardennais à une vieille dame" qui voulait s'en débarrasser.
Parmi les vieux journaux, se trouvaient quatre numéros du Progrès des Ardennes. "C'est très rare, et tous ceux qui s'intéressent à Rimbaud savent qu'il y a travaillé", dit-il. Le bouquiniste parcourt les journaux, "en cherchant le poème +Le Dormeur du Val+ qui aurait pu y être", dit-il.
Ne trouvant rien, il met "les journaux sous plastique, dans la vitrine". Le bouquiniste fait des salons, des foires, des "milliers de personnes l'ont vu, ça n'a intéressé personne", dit-il.
En avril dernier, un jeune cinéaste, Patrick Taliercio, qui tourne actuellement un film sur Rimbaud, achète "pour quelques dizaines d'euros" les journaux. "Il est revenu me voir deux jours plus tard, m'a dit +vous avez vu l'article, c'est du Rimbaud !+".
Interrogé par le Figaro, Jean-Jacques Lefrère, grand spécialiste du poète, a confirmé la découverte. "C'est un beau texte métaphorique, très maîtrisé", dit-il, ajoutant que cette découverte "fait renaître l'espoir de retrouver, dans d'autres exemplaires du journal, d'autres textes du poète".
21:04 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.05.2008
Le saviez-vous?
À quand remonte le premier concours de poésie ?
Près d'un siècle après la croisade contre les Albigeois qui avait mis à feu et à sang le Midi de la France, la ville de Toulouse retrouve son antique prospérité et sa joie de vivre...
Le 3 mai 1324, de riches bourgeois organisent une joute poétique entre troubadours, trouvères et ménestrels de tous pays. Ainsi naît le premier concours de poésie d'Europe, sinon du monde.
Les concurrents doivent s'exprimer en langue d'oc, la langue du Midi toulousain. Cette langue, imprégnée de tournures latines ou romanes, se distingue de la langue du Bassin parisien, la langue d'oïl, d'où nous vient le français actuel (leur nom respectif vient de ce que oui se disait oc à Toulouse et oïl à Paris).
Pour donner corps à leur initiative, les organisateurs du concours de poésie offrent une violette d'or au gagnant et donnent à leur groupe le nom de «compagnie du gai savoir». Dans cet intitulé plein de gouaille perce déjà l'esprit de Rabelais !...
Les capitouls, bourgeois qui gouvernent la ville au nom du comte de Toulouse, ajoutent un souci d'argent et une églantine d'or aux prix qui seront décernés chaque année.
En 1515, la compagnie prend le nom de Compagnie des Jeux Floraux. Elle se place peu après sous le patronage de Clémence Isaure, une dame du siècle précédent qui lui aurait fait don de ses biens... mais dont l'existence n'est en rien avérée.

En 1694, signe des temps, la Compagnie des Jeux Floraux renonce volontairement à la langue d'oc pour le français, qui a pour lui le prestige de la cour de Versailles. Elle se place sous la protection du roi Louis XIV et prend le nom d'Académie, en référence à une Accademia romaine et sans doute aussi pour concurrencer, autant que faire se peut, la jeune Académie française.
Le jury des Jeux Floraux a fait la preuve de sa sagacité en récompensant d'un lys d'or le jeune Victor Hugo (19 ans). Chateaubriand a été également couronné. Et bien sûr le poète François Fabre d'Églantine qui nous a légué le calendrier révolutionnaire et «Il pleut, il pleut, bergère...» (la deuxième partie de son nom rappelle l'églantine d'argent remportée aux Jeux Floraux et dont il était très fier !).
L'Académie des Jeux Floraux est aujourd'hui hébergée dans le somptueux hôtel d'Assézat, une demeure de style Renaissance, en pierre et en brique, bâtie à la fin du XVIe siècle par un marchand enrichi dans le commerce du pastel.
Elle poursuit dans une relative discrétion la promotion de la langue d'oc (ou occitan) depuis qu'en 1895, le poète provençal Frédéric Mistral réintroduisit cette langue en son sein.
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18.05.2008
J'ai vu l'expo de Marion Beaupere
Une vocation précoce
Marion Beaupère est native de la région meldoise (Seine-et-Marne), qu'elle habite toujours. Depuis sa petite enfance, elle affectionne ce qu'elle appelle le travail manuel... toutes sortes de petites activités créatrices, qui vont la familiariser avec les ressources variées des arts plastiques, contribuer à forger sa sensibilité esthétique, mais qui souvent s'avèrent singulièrement méticuleuses pour une simple "spontanéité juvénile".
L'alibi du ludique s'effondre à l'aube de l'adolescence, où Marion affirme le caractère impérieux de son activité créatrice et révèle une véritable démarche exploratoire, conscientisant et problématisant progressivement sa pratique d'autant mieux qu'elle fréquente régulièrement les musées, les livres, l'art moderne et contemporain en particulier.
19:13 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17.05.2008
Nuit des Musées: près de 2.000 animations dans un millier de musées
PARIS - Danse, théâtre, lectures, cinéma: la quatrième édition de la Nuit des Musées espère attirer samedi soir des visiteurs nocturnes dans plus de mille lieux, égayés par des animations encore plus nombreuses.
Dans toutes les régions de France, près de 1.939 événements ou spectacles (soit 400 de plus qu'en 2007) sont organisées dans 1.006 musées publics et privés, qui ouvriront leurs portes gratuitement une partie de la nuit, souvent jusqu'à 1h du matin.
A Paris, où près de 60 musées participent à l'opération, il sera possible de visiter en avant-première les nouveaux espaces du Musée de la musique, de suivre la visite guidée de l'artiste contemporain Alain Séchas au musée Bourdelle, écouter des contes dans le jardin du Musée du Quai Branly, découvrir le parcours orientaliste "Mille et une nuits" du musée d'Orsay ou encore assister à la projection du film "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola au Grand Palais.
En régions sont programmés également des spectacles de théâtre (château de Fontainebleau, musée zoologique de Strasbourg), de danse contemporaine (musée Goya de Castres), des inaugurations (exposition Christian Lacroix en Arles, exposition Jacques Villeglé au musée départemental d'Epinal), des mises en lumière (musée Ingres de Montauban), des ateliers pour enfants (poterie au musée de la faïence de Samadet) ou plus originalement des dégustations gatronomiques (musée de la céramique de Vallauris (Alpes-Maritimes)).
Lancée en 2005 à l'initiative du ministère français de la Culture, la Nuit des Musées renforce chaque année sa dimension européenne sous le patronage du Conseil de L'Europe, avec cette année la participation d'au moins 1.091 musées dans une quarantaine de pays, principalement l'Italie, la Pologne, la Lettonie, la Roumanie ou la Belgique. Pour la première fois l'Ecosse (Aberdeen), l'Irlande du Nord (Londonderry) et la ville de Copenhague (Danemark) participeront.
L'an dernier, la Nuit des Musées avait attiré près de 1,3 million de visiteurs dans 956 musées français, et une affluence similaire dans 960 musées des 41 pays européens participants. AP
Sur le Net: http://www.nuitdesmusees.culture.fr
06:00 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.05.2008
Magui, l'ordinateur pour le troisième âge
Conçu pour les personnes âgées en maison de retraite, l'ordinateur simplissime Magui a remporté le concours Lépine 2008. Ses fonctions limitées ne lui permettent pas de surfer sur le Web mais le destinent aux échanges par courrier avec les autres résidents et avec la famille, par courrier électronique et par téléphone.
Ce drôle d'ordinateur n'a ni clavier, ni souris, ni unité centrale, ni Windows. Il est tout entier contenu dans l'écran et son logiciel système est Linux. Mais ses utilisateurs ne sauront rien de ce dernier détail technique. En guise d'image de fond, Magui affiche d'énormes boutons sur son écran tactile : Téléphone, Mes courriers, Mes photos, Mes messages, etc.
Il suffit d'appuyer sur l'un d'eux pour déclencher le logiciel approprié. Magui n'en a pas beaucoup. Essentiellement, il sert à communiquer, par téléphone, par courrier électronique ou par visio-conférence (la webcam est juchée sur l'écran et livrée avec). Les courriels sont lus à haute voix et l'annuaire téléphonique se résume à une liste de photographies. Un doigt sur l'image de la personne et l'appel est lancé.
Ces fonctions innovantes ne sont pas destinées aux utilisateurs courants de l'informatique, condamnés pour longtemps à dérouler des menus et à tapoter sur les touches d'un clavier comme les dactylographes du dix-neuvième siècle. Magui a été pensé et réalisé pour les personnes âgées vivant en maison de retraite, qui aimeraient bien voir leur famille plus souvent et profiter des centaines de photos des petits-enfants prises par les appareils numériques.
Machine à communiquer
Magui doit aussi servir à s'échanger des messages entre résidents et sera également un outil pour le personnel de l'établissement, qui pourra envoyer des messages, faire des annonces, diffuser des photographies...
Le concepteur n'est pas un fabricant ordinaire d'ordinateur. La société Simplistay réalise des applications informatiques spécialisées pour les établissements s'occupant de personnes âgées ou handicapées. D'après Fabrice Guiraud, fondateur l'entreprise, interrogé par Libération, ce petit ordinateur pourrait un jour être doté d'un accès au Web, à condition « de trouver une solution efficace pour éviter les erreurs, les pop-ups ou les publicités intempestives comme les sites pornographiques ». En attendant, ce co-inventeur de Magui, avec Jérémy Marron, directeur technique de la société, a reçu le prix du Président de la République (c'est-à-dire le premier) décerné au Concours Lépine, à Paris.
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06.05.2008
le mont Saint-Michel a 1300 ans
Entre Bretagne et Normandie, le mont Saint-Michel fut, il y a un millénaire, un haut lieu de la chrétienté occidentale. Lieu de prière et de pèlerinage, mais aussi d'étude. Ainsi est-ce un moine du mont, Jacques de Venise, qui a traduit Aristote au XIIe siècle.
Selon la tradition, un premier sanctuaire est inauguré sur le mont le 16 octobre 708 par l'évêque d'Avranches, la ville voisine. Ce sanctuaire est dédié à l'archange Saint Michel d'où le nom qui va rester au mont pour la postérité.
Grâce à l'afflux de pèlerins et à sa situation exceptionnelle qui le met à l'abri des invasions, le sanctuaire ne va cesser de prospérer.
Entre 1060 et 1080 est construite l'église abbatiale, en style roman. Beaucoup plus tard, le roi de France Philippe Auguste, tout à sa joie d'avoir repris la Normandie aux Anglais, fait une donation à l'abbaye. Elle permet d'inaugurer en 1228 les bâtiments en style gothique qui surplombent le mont : la «Merveille».
Aujourd'hui, le site a renoué avec ses origines monastiques mais c'est évidemment l'activité touristique qui l'emporte de très loin (3 millions de visiteurs par an).
À l'occasion de son 1300e anniversaire, le mont Saint-Michel donne lieu à de nombreuses festivités et commémorations. L'hebdomadaire Pèlerin Magazine (24 avril 2008) lui a consacré un dossier complet. Ne pas manquer de voir aussi la galerie de photos.
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30.04.2008
Ca s'est passé un 30 avril
30 avril 1748: naissance du peintre David.
Natif de Paris, Jacques Louis David entre à 18 ans à l'Académie Royale de peinture et de sculpture. Le premier prix de Rome lui échappera longtemps: en 1771, son maître Vien, furieux de ne pas avoir été prévenu, fait pression afin qu'il n'obtienne que le second prix. Il échoue encore à deux reprises avant son succès en 1774. David part alors pour l'Italie et opère sa conversion à l'art antique. A son retour à Paris en 1785, "Le serment des Horaces" fait de lui le chef de file du mouvement néoclassique. Marqué par l'exaltation des vertus individuelles et le dévouement à la patrie, David se passionne pour la Révolution et devient son peintre attitré. Il se voit chargé de représenter le "Serment du jeu de paume", qui demeurera inachevé. A partir de 1792, son engagement politique prend le pas sur son activité artistique. Jacobin fervent, élu député à la Convention, il supprime l'Académie royale. Il vote la mort de Louis XVI et devient même pendant la Terreur membre du Gouvernement révolutionnaire. Il est chargé de concevoir les fêtes civiques, et notamment celle de l'Etre suprême qui fait redouter à beaucoup que Robespierre n'ambitionne la dictature. La veille de sa chute le 8 Thermidor, il jure même au club des Jacobins de "boire la ciguë" avec lui... mais ne se présente pas à la Convention le lendemain. Emprisonné pour "robespierrisme" durant la réaction thermidorienne, il doit probablement son salut à ses talents. Il refuse de suivre le général Bonaparte lors de son expédition d'Egypte afin de terminer "Les Sabines", mais redevient le peintre officiel après sa prise de pouvoir. Après avoir glorifié la Révolution puis l'Empire, il doit s'exiler au moment de la Restauration à Bruxelles où il décède en 1825. Il marquera durablement l'école française, à travers ses disciples Gros, Ingres et Girodet. Son oeuvre a été parfois critiquée comme trop empreinte de cet académisme froid qui prévaudra durant la majeure partie du XIXe siècle et dont il ne s'affranchit que pour son hommage à Marat, en pleine Terreur...08:48 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









