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29.04.2008
Enfants-rois, plus jamais ça !
Enfants-rois, plus jamais ça !
Il faut les gronder aussi !
Christiane Olivier est psychanalyste, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la famille et à l’éducation, notamment sur la place des pères, la violence des enfants, la sexualité. Dans Enfants-rois, plus jamais ça ! (Albin Michel), elle rappelle aux parents que dire non à leurs enfants est aussi indispensable que de les aimer. LJS.com l’a rencontrée.
LJS.com : Enfants-rois, plus jamais ça ! Derrière l’injonction de votre titre, se cache la dictature infantile qui régit le fonctionnement de nombreuses familles au quotidien. Comment en est-on arrivé à cette situation ?
Christiane Olivier : Le « il est interdit d’interdire » de mai 1968 marque un tournant pour le modèle éducatif. A cette période-là aussi, et c’est bien, on a expliqué aux parents que leur enfant est une personne à part entière, signifiant par là qu’un bébé n’est pas un petit animal, et qu’il est important de lui parler intelligemment dès son plus jeune âge. Mais dans la réalité, les parents ont agi avec leur enfant comme s’il s’agissait d’un adulte et qu’il connaissait déjà les règles et modes de fonctionnement de la vie en société. Or, ce n’est pas quelque chose qu’un enfant sait naturellement. La loi, les cadres qui régissent la vie sont des apprentissages qu’il faut mener d’une main tenue. Et quelque fois la main se lève.
C’est-à-dire, éventuellement donner une fessée ?
Oui. Une main qui se lève, c’est l’expression d’un devoir parental. Attention, je ne dis surtout pas qu’il faut distribuer des fessées à tout bout de champ. Mais les parents d’aujourd’hui ne veulent pas toucher leur enfant au corps. Les interdictions verbales sont primordiales, mais lorsqu’elles ne suffissent plus, les limites doivent aussi être exprimées physiquement. Et c’est bien là une partie du problème. Pour un enfant, si on ne le touche pas, c’est qu’on a peur de son corps, peur de lui. Donc c’est qu’il est le plus fort, qu’il est le roi. Il faut lui donner une tape sur les couches, à 18 mois, sans lui faire mal. Ça fait du bruit, et ça le marque ; la limite est posée. Les parents ne posent-ils plus de limites ?
On targue les parents d’avoir démissionné ou de ne pas aimer leurs enfants, ce n’est pas le cas. Je ne mets absolument pas en doute l’amour des parents actuels. L’explication vient d’ailleurs : ils considèrent l’éducation d’un enfant comme s’il s’agissait de l’éducation d’un épicurien et non pas d’un citoyen.
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22:20 Publié dans enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enfants, parents, autorité





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