22.12.2007
Sous la pression internationale, Tokyo renonce à tuer les baleines à bosse

Par Kimiko DE FREYTAS-TAMURA AFP -
TOKYO (AFP) - Le Japon a annoncé vendredi qu'il renonçait à reprendre la chasse aux baleines à bosse, abandonnée depuis quatre décennies, à la suite d'une campagne de protestations internationales dirigée par l'Australie.
Cette décision, exceptionnelle de la part du Japon qui n'avait jusqu'ici jamais fait de concession en matière de chasse à la baleine, constitue une victoire pour le nouveau gouvernement de gauche australien du Premier ministre Kevin Rudd.
"Le Japon ne va pas chasser les baleines à bosse", a déclaré aux journalistes le porte-parole du gouvernement Nobutaka Machimura, en rappelant que l'Australie avait "exprimé son vif mécontentement auprès du Japon à ce sujet".
"En échange, j'espère que cela débouchera sur de meilleures relations avec l'Australie", a-t-il dit.
Pour la première fois depuis les années soixante, le Japon avait annoncé le mois dernier qu'il allait tuer 50 spécimens de baleines à bosse, une espèce considérée comme menacée par les défenseurs de la nature.
Toutefois, la campagne baleinière lancée le mois dernier dans l'Antarctique va se poursuivre avec l'objectif de tuer un millier de baleines, pour la plupart de l'espèce minke, plus petites.
En Australie, l'organisation Greenpeace s'est engagée à maintenir les pressions sur le Japon, en rappelant que la flotte de l'Antarctique a toujours l'intention de tuer une cinquantaine de rorquals, le deuxième plus grand animal sur terre après la baleine bleue, que les défenseurs de l'environnement considèrent comme une espèce menacée.
"Le Japon doit rappeler sa flotte immédiatement, stopper la chasse et renoncer à tout projet de construction d'un nouveau bateau-usine baleinier", a déclaré le représentant de Greenpeace pour l'Australie et le Pacifique, Steve Shallhorn.
Le gouvernement australien a dépêché un navire de guerre désarmé et un avion de reconnaissance pour surveiller la flotte baleinière, qui sera également suivie par deux navires des associations écologistes Greenpeace et Sea Shepherd.
Junichi Sato, qui dirige la campagne contre la chasse à la baleine pour Greenpeace Japon, a estimé que "cela prouve que la pression internationale peut réussir".
Le porte-parole du gouvernement a relevé que le Japon et l'Australie avaient des différences culturelles à propos des baleines, mais que Tokyo souhaitait préserver les relations avec le nouveau gouvernement en Australie.
"Les Australiens trouvent que les baleines sont affectueuses, ce que j'ai du mal à comprendre. Mais apparemment, ils donnent des noms à chaque baleine et le public éprouve un véritable sentiment à leur égard", a commenté M. Machimura.
Il a toutefois démenti que le Japon ait cédé à la pression de l'Australie, affirmant que la décision avait été prise à la suite de discussions avec le chef de la Commission baleinière internationale.
Le Japon contourne chaque année le moratoire international en vigueur depuis 1986 en pêchant un millier de baleines à des fins soi-disant "scientifiques".
Les baleines à bosse, protégées depuis un moratoire décrété en 1966 après des années de chasse extensive, sont réputées pour leurs chants et leurs sauts acrobatiques.
Leur migration le long des côtes australiennes à la saison de la reproduction est devenue une attraction suivie chaque année par 1,5 million de touristes
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30.11.2007
Accouplement: chez les antilopes, les femelles chassent les mâles
WASHINGTON (AFP) - Chez les antilopes topi, ce sont les femelles qui chassent agressivement les mâles pour s'accoupler, un rôle de domination sexuelle inversée par rapport à nombre d'espèces de mammifères, selon une étude européenne publiée jeudi aux Etats-Unis.
"Quand les biologistes parlent de ++la guerre des sexes++, ils font le plus souvent référence à la bataille permanente entre les mâles toujours prêts à s'accoupler et les femelles réticentes en quête du partenaire idéal", explique Jakob Bro-Jorgensen, un biologiste finlandais qui travaille à la Zoological Society de Londres (GB).
Selon le principal auteur de cette recherche parue dans la revue Current Biology, ce renversement des rôles sexuels pourrait s'expliquer chez certaines espèces par le fait que les femelles accroissent ainsi leurs chances, de s'accoupler avec les mâles les plus désirables, et de concevoir.
Toutefois, le comportement volage de ces antilopes femelles pourrait ne pas être aussi rare qu'on ne le pense dans le règne animal.
En outre, chez ces mammifères aux moeurs sexuelles dissolues, il est bien possible que les femelles aient un nombre de partenaires plus élevé que les mâles, supputent les chercheurs.
Les antilopes topi offrent une occasion idéale d'étudier la dynamique des rôles sexuels chez une espèce de mammifères aux moeurs sexuelles dissolues, souligne le biologiste finlandais.
En effet, les femelles topi ne sont sexuellement actives qu'un jour environ durant un cycle de six semaines qui correspond à la très courte période de fécondation.
Durant ces 24 heures de désir sexuel, elles s'accouplent à plusieurs reprises avec environ quatre mâles en moyenne, explique le chercheur.
Ces femelles antilopes ont une préférence pour les mâles les plus forts parvenus à contrôler les territoires se trouvant au centre des "arènes d'accouplage", précise-t-il. Mais elles copulent aussi avec les mâles de moindre stature sociale créant une compétition intense.
Et les plus agressives se battent physiquement entre elles pour séduire les quelques mâles les plus désirables du groupe. Certaines s'en prennent même à un mâle convoité qui copule avec une autre femelle.
Quant aux mâles les plus populaires, ils s'offrent le luxe de sélectionner leurs partenaires sexuels, lançant même des contre-attaques contre celles avec qui ils se sont déjà accouplés et qui reviennent à la charge.
Ce rôle de sélection est le plus souvent celui joué par les femelles chez les mammifères.
22:33 Publié dans animaux | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : antilopes
28.04.2007
Enigmes animalieres
La découverte par les Européens de l’Afrique noire suscita bien des rumeurs. On racontait que, lorsqu’ils se sentaient près de mourir, les éléphants se retiraient dans un lieu secret parmi les restes de leurs congénères. Ces cimetières regorgeaient d’ivoire ce qui attisa de nombreuses convoitises.
L’un des premiers voyageurs à mentionner de tels lieux est le célèbre explorateur écossais David Livingstone (1813-1873).
Missionnaire protestant, il sillonna le continent et on lui doit de nombreuses études dont le fameux cimetière des éléphants. Ses récits ont contribué à créer une légende. Des générations d’aventuriers partirent à la recherche de ce trésor jusqu’à la moitié du 20e siècle.
Un trésor d’ivoire
Certaines traditions africaines rapportent que les éléphants, à l’approche de leur mort, abandonnent leur troupeau et, guidés par leur instinct, où la mémoire collective de l’espèce, gagnent un endroit connu d’eux seuls.
Parvenus à cette sépulture ancestrale où s’entasseraient sur des hectares les ossements blanchis, les éléphants s’y coucheraient pour l’éternité.
Ce comportement serait surtout celui des plus vieux mâles donc des animaux dont les défenses peuvent dépasser les 3 m de long et peser plus de 100 kg.
C’est pourquoi, à partir de la moitié du 19e siècle, de nombreux chasseurs, poussés par l’appât du gain, financent des expéditions pour retrouver ces cimetières.
Des cimetières fantômes
La découverte occasionnelle d’amas de squelettes d’éléphants conforte les explorateurs dans leur conviction que les éléphants ont un comportement particulier face à la mort.
L’existence de ces rassemblements de squelettes n’implique nullement un comportement prémédité des animaux.
De plus, quand toutes les défenses ont disparu, on peut en déduire qu’il s’agit là d’un ancien massacre organisé par des chasseurs.
Si les défenses sont présentes, il s’agit de drames naturels : sécheresse, sable mouvant.
La fin d’un mythe
C’est au 20e siècle que la légende trouve une explication rationnelle. Christian Zuber, spécialiste de safaris photographiques, constate que les dents des vieux éléphants présentent une usure dramatique quand l’animal atteint 55 ou 60 ans.
Cette usure le condamne à mourir de faim.
Il arrive également que les dents usées soient cariées ce qui rend fou de douleur l’animal.
Instinctivement, l’éléphant comme le rhinocéros, cherchent dans les mares boueuses un remède à leurs blessures et à leur douleur.
Christian Zuber a donc suggéré que ces animaux, déjà affaiblis, n’avaient pas toujours la force de ressortir de ces marécages après y avoir trempé longuement leur bouche.
Les points d’eau sont rares dans la savane. On y trouve ainsi regroupés les squelettes d’éléphants âgés et donc avec d’imposantes défenses.
Un comportement étrange
Dans un documentaire animalier, on a pu observer il y a quelques années un éléphant prendre avec sa trompe la défense de l’un de ses congénères mort. Il semblait pratiquer une sorte de danse rituelle assez étrange.
On sait que les éléphants, comme de nombreux autres animaux, ressentent la mort des leurs. Dans une horde, les liens familiaux sont très étroits et le décès d’un individu est de toute évidence une source de douleur.
Dernière découverte sur la mort des éléphants (Novembre 2005)
Le journal "Biology Letters" publie une étude faite par une équipe anglo-kenyanne. Cette étude a porté sur plusieurs dizaines de familles d'éléphants. Le but était de mesurer le comportement d'éléphants d'Afrique face à des dépouilles de leurs congénères.
La plupart des animaux ne prêtent aucune attention à leurs morts. Les plus avancés, comme les chimpanzés, s'intéressent aux dépouilles jusqu'au moment où la décomposition intervient.
17 familles d'éléphants ont été mises en présence de crânes d'éléphants, de buffle et de rhinocéros. Les éléphants ont portés un intérêt certains aux crânes d'éléphants, en les sentant, les touchant. D'autres expériences montrent la préférence à l'ivoire par rapport au reste du squelette et l'incapacité à reconnaître le compagnon à qui appartenait le squelette.
La longue vie des éléphants et une vie sociale développée expliquerait ces particularités.
Source : Biology Letters
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